27 octobre 2007
les actifs immatériels
une des actions les plus spectaculaires de l'intelligence économique est certainement la prise en compte dans les données stratégiques et économiques des actifs immatériels, trop souvent oubliés ou maltraités dans les analyses comptables et financières. la marque, l'image, le nom, la qualité de la clientèle sont des atouts de différenciation majeurs bien plus sélectifs que la qualité du produit, tous les produits atteignant aujourd'hui heureusement une même qualité client. le modèle de management de l'AFDIE décrit ces actifs immatériels et aide à les prendre en compte dans une évaluation ou un plan d'action, un domaine neuf à investir
sur le site du HRIE, les premières règles pour l'action
La protection des actifs immatériels |
L’une des dimensions de l’intelligence économique est de protéger
les actifs de l’entreprise. Or ces actifs sont, à l’heure actuelle, multiples
et très diversifiés au point qu’il devient très difficile d’en assurer une
couverture complète. Du vol de données sensibles contenus sur des supports informatiques
en passant par la dépréciation de la réputation ou de l’image de l’entreprise
ou encore des actes terroristes contre des bâtiments de production,
l’entreprise en fait de plus en plus les frais.
· Externalisation
des données
Les entreprises comme l’État font
désormais appel à un nombre croissant de partenaires extérieurs. Ce phénomène
de sous-traitance ou d’externalisation de services, souvent sensibles, soulève
de vraies questions en termes de sécurité des informations, des biens et des
personnes. Les entreprises et les administrations publiques démembrent de plus
en plus de fonctions parfois vitales et stratégiques, autorisant ainsi des
entités extérieures à accéder à leurs secrets et donc à leur "cœur de
métier" : audit, conseil, sécurité/gardiennage, maintenance
informatique, assurance, cabinets de traduction.
Cette perméabilité désormais
structurelle aux agressions extérieures constitue une vulnérabilité majeure.
· Vol
des données
L’exemple type du vol de données est
celui des ordinateurs portables dans les secteurs industriel et scientifique.
L’utilisation d’ordinateurs portables à des fins professionnelles est devenue
courante sinon banale.
· Récupération
de données
Quelques entreprises ou cabinets de
conseil se sont spécialisés dans la récupération de données. Ce service peut se
révéler indispensable dans un monde où l’information interne à l’entreprise est
désormais presque intégralement sur support numérique. Pour autant, le sujet
devient sensible lorsqu’il s’agit de faire appel à ce genre de services et de
confier à une sous-traitance la récupération d’informations stratégiques.
la suite sur le site
http://www.intelligence-economique.gouv.fr
Commentaires
L’entreprise France est-elle en déficit de capital immatériel ?
La première convention internationale sur la Propriété Intellectuelle a été signée dès mars 1883, (ce qui en fait la deuxième convention mondiale après celle de la Poste), celle-ci évoluera en 1994 pour devenir lors de la réunion du Gatt de Marrakech, un des premiers accords de réglementation du commerce international. En passant du juridique au commercial, on incorpore la PI dans les échanges commerciaux. D’emblée il convient d’insister sur cet aspect majeur des patrimoines immatériels et de la perception que devront en avoir les dirigeants d’entreprises : la financiarisation croissante des brevets et de la propriété immatérielle en général. Cette financiarisation devient un levier de la création de valeur dans les entreprises. Le montant des cessions de licences atteindra plusieurs centaines de milliards d’euros dans la fin de la décennie, mais elle sera aussi l’occasion de conflits de plus en plus durs opposant les firmes ou les pays (les pertes en contrefaçons par exemple). Cette évolution a des conséquences multiples. La profession des conseils en PI, composée d’experts techniques, confrontés à des litiges de plus en plus complexes, va se rapprocher de la profession des avocats. Elle va aussi devoir s’investir de plus en plus dans les évaluations de la valeur d’un brevet et du capital immatériel .
Côté entreprises, cette valorisation de l’innovation, des brevets ou des marques – trop souvent sous estimée – va devenir un facteur stratégique pour à la fois contrer la concurrence, constituer un patrimoine immatériel substantiel (plus de 25% des résultats d’IBM sont issus de la vente de ses licences), avec pour conséquence des litiges de plus en plus nombreux et surtout de plus en plus coûteux. En juin 2004 la victoire de Business Objects contre Microstratégie, accusé de violation de brevet et de préjudice commercial, a fait immédiatement grimper son titre en bourse. La PI devient une arme marketing et de notoriété des firmes. Celles ci seront de plus en plus confrontées aux faux brevets et aux pressions tactiques consistant à limiter l’entrée de la concurrence sur un marché. Ce qui en clair veut dire que la PI n’est plus seulement une façon de protéger l’inventivité, c’est une arme de dissuasion. Un champ de mines destiné à ralentir, à gêner ou à dissuader un compétiteur. Les américains sont en train de devenir les champions du monde de ce genre de tactique avec le développement des patents trolls , les stratégies de dépôts massifs de patent ticket ou les business methods, sans compter un certain laxisme dans la qualité des brevets qui ajoutent à la difficulté.
Interrogé, le président de la compagnie des conseils en PI, Christian Derambure tend à regretter qu’une large part des entreprises ne s’intéressent pas suffisamment à l’inventivité des salariés ni aux contreparties financières pouvant les motiver . Il souhaite que soit mis rapidement en place un pôle juridique spécialisé en France et que la formation des cadres incorpore une formation dédiée à la PI et à ses stratégies . Il estime que face à l’offensive des stratégies de dilution des droits, la légitimité des brevets est en cause mettant en danger notre patrimoine immatériel. Pour lui, l’Europe politique n’encadre pas suffisamment les missions et les objectifs de l’OEB (l’Office Européen des Brevets) qui malgré son nom n’est pas un organisme communautaire. Auteur d’une étude critique sur la position de la France en matière de brevets où nous sommes considérés comme des suiveurs et non des innovateurs , il note que la France savante n’invente pas assez et que ses entreprises n’investissent pas suffisamment dans la valorisation de la R&D. En conclusion, nos savoir-faire ne sont pas en cause, mais les instruments et les politiques de valorisation, de protection et de diffusion de nos savoirs restent inadaptés dans un contexte de financiarisation croissante de l’économie immatérielle et des âpres conflits qui en découlent.
Denis Ettighoffer
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